Mercredi 23 novembre 2011
3
23
/11
/Nov
/2011
17:32
Suite aux événements qui ont ébranlé le 101° département Français ces dernières semaines, l'Etat Français a débloqué 50 millions d'€ pour Mayotte, à l'instar de la Guadeloupe en 2009 après
44 jours de grève également. Etranges similitudes ....
Mayotte c'est 374 km² soit un peu moins de 0,07 % du territoire Français (terrestre, territoire maritime exclus) où vivent un peu plus de 200 000 habitants soit 0,3 % de la population nationale.
Le budget annuel alloué par l'Etat à Mayotte est de 700 millions d'€, soit 3 500 € par habitant et par an. Si l'on rapporte tout ça à l'échelle nationale proportionnellement au nombre
d'habitants, ceci reviendrait à dire que l'Etat devrait distribuer 223,8 milliards d'€ aux collectivités territoriales (Conseil généraux métropolitains et ultra marins) ... alors que nous sommes
dans une politique de décentralisation et de désengagement de l'Etat !
Ces 50 millions providentiels vont servir, ou plus exactement devraient servir, au conseil général de Mayotte pour relancer l'économie locale, bien mise à mal par 44 jours de
"grèves"1 via la commande publique. Le problème, c'est que le Président de ce même conseil, a annoncé à la télévision locale, que afin d'aider les petites entreprises locales, il
ordonnerai prochainement le paiement de la commande publique réalisée par le conseil général ... du moins, pour ce qui concerne les impayés de 2008 ...
Je pense donc, que nous sommes en droit de nous poser quelques questions :
- Si ces 50 M€ servent à payer les factures de 2008, où sont passés les 2,1 MILLIARDS d'€ perçus au titre des années 2009 - 2010 et 2011 ?
- Messieurs les syndicalistes qui avaient "pris en otage" et affamé Mayotte 44 jours durant, aux prétextes de la vie chère et que Mayotte ne soit pas un département
au rabais, ne pensez-vous pas vous être trompés de cible quand vous osez demander à l'Etat des "garanties" ? N'aurait-il pas été légitime de demander ces garanties à votre si cher (aux sens
littéral et figuré) conseil général ?
- Mais au fait, que représente Mayotte dans la participation à l'effort national (paiement des impôts, reversement de la TVA, etc.) ? Question stupide, les
impôts (taxes d'habitation, impôts fonciers, TVA) n'existent pas à Mayotte ... et une grosse partie (pour ne pas dire la majeure partie) des taxes douanières d'importation (et oui car même les
produits en provenance de métropole sont taxés) est reversée au Conseil Général ... en plus de 700 millions d'euros annuels ...
Et comme si ce n'était pas assez, ce soir, 23 novembre 2011, au journal télévisé d'informations locales, les membres de l'intersyndicale s'avouent déçus par les 50M€ de l'Etat.
En effet, durant les événements, président de conseil général, élus, et intersyndicalistes avez manifestés côte à côte, main dans la main, allant même jusqu'à fustiger le Préfet en place et les
forces de l'ordre.
Bilan : messieurs de l'intersyndicale, à vouloir jouer dans la cour des grands, vous avez été bernés par vos frères, et ce n'est pas pour vous plaindre ! le conseil général va
bénéficier de 50M€ dont VOUS ne verrez pas personnellement la couleur.
M. Boinali Saïd Toumbou (CISMA CFDT) : ce n'est pas manquer d'air que d'annoncer que la relance de la commande publique ne constitue pas une amorce de relance économique pour Mayotte (dixit JT du
23/11/2011 Mayotte 1ère). Il est évident que de l'argent public utilisé à des fins personnelles n'a jamais enrichi un pays, comme il est souvent de coutume à Mayotte. Puisque vous ne
semblez pas convaincu, pourquoi ne demandez-vous pas des garanties d'exécution de budget au conseil général, de ces 50M€ ? Mais au fait, la mission des syndicats ne serait-elle
pas de défendre l'emploi ? Sans être économiste, il me semble qu'en relançant la commande publique, même si les marchés sont attribués à de "grosses entreprises", ces mêmes "grosses entreprises"
vont recruter ou soustraiter, donc créer de l'emploi, et au final relancer en partie l'économie, l'emploi et le pouvoir d'achat. A moins que le fait que ces "grosses entreprises" le plus souvent
dirigées par des m'zungus2 ne soit la véritable cause de cette déconvenue ?
MM. Boinali Saïd Toumbou et consorts, serait-ce vous donner un cours d'économie de vous dire que l'amélioration du pouvoir d'achat ne s'obtient pas les seuls leviers de la baisse des prix et de
l'assistanat (RSA, allocations familiales, etc.) ? Ne serait-il pas temps d'exploiter et de valoriser votre île ? Agriculture, tourisme, pêche, etc. Mayotte, est une île sauvage, au sens noble du
terme, bordée d'un des plus grands et sans doute plus beaux lagon fermé du monde. C'est aussi une terre riche où (presque) tout pousse, mais il semblerait qu'ici plus qu'ailleurs le sol y soit
trop bas pour y être cultivé.
Je finirais par cette alégorie : Mayotte ressemble à un petit oiseau oisif dans son nid douillet, qui, quand il ne dort pas, crie fort jusqu'à ce que sa mère Métropole ne vienne le gaver d'aides
financières. Le petit, plus que trentenaire, refuse de quitter son nid et de voler de ses propres ailes contrairement à ses petits frères des Comores. Mais il est à craindre que la branche sur
laquelle est construit le nid ne soit assez solide pour supporter encore longtemps le Tanguy des départements.
Chers compatriotes métropolitains, ultra-marins et surtout mahorais, j'espère que ces quelques remarques vous auront donné matière à réflexion, et vous donneront envie de vous intéresser à ce
"flambant" neuf 101° département. N'hésitez pas à réagir.
© Auvergnats in Mayotte
1 - gréves : (n. f.) terme localement utilisé pour définir des émeutes dues à un climat social dégradé. Ces grèves se manifestent sous forme de barrages, caillassages, privation
du droit fondamental au travail des non grévistes, privation de la liberté individuelle de circulation y compris des véhicules de secours, fermeture de magasins d'alimentation avec intimidation
et menaces en cas de tentative de réouverture, sans oublier destruction par incendie de diverses enseignes de grande distribution, incendies de voitures, mépris des forces de l'ordre et du
m'zungu envahisseur, agressions sauvages, viols en réunion de 6 femmes m'zungus passés sous silence dans la presse télévisée.
2 - m'zungu : nom commun shimaoré désignant la minorité éthnique visible localement.